Readers Smarter than I am: Pt Two in French

Roxanne, the gentle reader I spoke about earlier, has agreed to my posting of our email conversation.  I will post that shortly.  In the interim, I received another excellent Review; a disguise for yet another exceptional exercise in Literary Criticism…it appears below.  If you can’t read French, go to my blog www.cynthiaderrico.com  in a few days for the English translation.   What Madeleine wrote is a balanced and precise review which appreciates the novel and takes the writer (me) to task.  I love it.  I met this woman at Curves.  Please applaud Madeleine de Laat–her frankness and precision–and go to my book site to find out who she is (click on the Quebec flag on the Home page).

Dans ce premier roman, l’auteure nous révèle son grand attachement pour la race équine et l’environnement. Son message est clair : le comportement humain est dévastateur. Par contre, en faisant preuve de conscience et de bonne foi, nous, les êtres humains, pouvons renverser notre tendance abusive envers la terre, la faune et la flore. D’où l’importance du titre : l’auteure préconise une sorte d’étiquette de base, de règles élémentaires pour rétablir et assurer l’équilibre entre toutes les espèces vivantes. Ce titre est porteur d’un double sens puisque le dressage des chevaux débute au sol, c’est-à-dire que l’écuyer éduque le cheval en étant debout, près de lui, et ceci, bien avant de le monter.

J’estime que l’auteure manie bien les figures de style (métaphore, catachrèse,  comparaison, entre autres). Le vocabulaire est riche et recherché. Le style est franc, non ampoulé, ni alambiqué, et le message passe bien. Certains passages sont de style technique surtout lorsque l’auteure relate les problèmes environnementaux et les conditions géologiques.

Il y a de nombreux beaux passages dans le livre, cependant ma sensibilité n’est pas interpellée. En fait, j’ai le sentiment que l’auteure elle-même ne donne pas libre cours à sa sensibilité, mais qu’elle la tient en bride, par conséquent le lecteur chevauche en tandem. Sans verser dans un roman à l’eau de rose, j’aurais aimé être plus près des protagonistes et vibrer avec eux lors des grands évènements de leur vie, exemple : la rencontre de Belle et Chano, les retrouvailles de Skye et Ollie, l’appel de Guyanne et son nouveau sentiment d’appartenance au clan familial. Par contre, à la page 90, une phrase toute simple, qui peut sembler anodine, mais qui émane de la spontanéité, illustre bien cet équilibre entre toutes les espèces vivantes que l’auteure préconise tant (She knew she needed the curative of good hard labor and there was no better cure for self-pity than a close encounter with horse manure). Pour l’auteure, pelleter du fumier s’avère le labeur le plus salutaire qui soit pour remédier à l’apitoiement sur soi. J’estime que cette image évoque une sueur physique et morale. Je vais plus loin, en fait, l’écuyer contribue à retourner à la terre la matière organique dont elle a besoin. J’y vois même la communion entre le physique et l’affectif, c’est-à-dire que les chevaux peinent pour l’humain, et l’humain se dépense pour le bien-être des chevaux. Bref, la zoothérapie.

L’auteure met en évidence des faits historiques et actuels, elle croise le réel et l’irréel. L’intrigue est bien menée, certains évènements se déroulant à la frontière du fantastique (l’oiseau Toby dialoguant avec Skye). Parfois, le rythme entre le réel et l’irréel est saccadé, comme si l’auteure ne parvient pas à délimiter ces paramètres dimensionnels.

L’histoire se déroule au Québec, et l’auteure insère des bribes de conversation en français québécois. L’effet est intéressant, mais je déplore l’érosion du joual. Il est vrai que le français québécois est caractérisé par des écarts syntaxiques et phonétiques, mais il n’en demeure pas moins qu’il peut s’écrire sans fautes (pensons aux œuvres de Michel Tremblay).

Il est indéniable que l’auteure veut éveiller les consciences, et je considère que c’est une bonne histoire, une histoire audacieuse. En fait, je suis ravie d’assister à la naissance d’un nouvel auteur québécois.

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